Vivre sous un régime démocratique n’est ni acquis, ni immuable. L’arrivée au pouvoir à l’international de régimes autoritaires et le durcissement de l’exercice des libertés associatives et de manifestation en France, nous montrent bien à quel point il faut au contraire travailler à renforcer à nos droits et libertés.
Alors que l’État peut paraître hors de portée, par quel biais agir pour diffuser les idées d’émancipation, de progrès social, et pour transformer concrètement la société ?
Peut-être est-ce un lieu commun, mais la commune est un outil majeur pour proposer des expérimentations de toute sortes et notamment démocratiques, extensibles au reste du pays. En tant que socle de la démocratie locale, au plus proche des habitant·es, elle constitue un lieu de rencontre et de discussions politiques privilégié.
Par l’institution, en premier lieu, avec les organes officiels de débat ou autres concertations ; par l’interpellation citoyenne, associative ou syndicale, la vitalité d’une vie associative qui porte des combats à l’ordre du jour et aident à l’éducation politique de tous·tes. Mais aussi par l’attention qu’elle peut porter aux revendications citoyennes pour l’approfondissement de la démocratie, telle que le RIC revendiqué par les Gilets jaunes.
La commune est un moyen de sortir de l’impuissance collective, si l’on accepte de la voir comme un outil puissant de transformation et pas comme une institution qu’il suffirait de gérer. Les actions que l’on y mène ne sont pas neutres ; elles sont toujours idéologiques. Et pour que le débat sur les orientations locales puisse se tenir, il faut des citoyen·nes éclairé·es. Cela passe par l’enseignement scolaire, les politiques culturelles ; l’éducation populaire qui, en s’appuyant sur les savoirs partagés, augmente l’émancipation collective et les capacités de mobilisation ; et aussi par une presse locale de qualité qui fait vivre les débats, débusque le vrai du faux, et permet de penser librement.
